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Ce guide vous invite à la découverte des splendeurs que vous réserve le sud Marocain. Vous y trouverez aussi toutes les informations pratiques indispensables à la bonne organisation de votre séjour.
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Vallée du drâa
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La population du Drâa, estimée en 2002 à 300 000 habitants, est composée de Haratine, de Chorfa, de Mrabtine, d’Imazighen et d’Arabes descendants de tribus Maâquil. L’ensemble de ces groupes humains s’est fondu en un creuset territorial, lequel a depuis longtemps remplacé la notion de tribu.
Aujourd’hui, il est certes difficile de rattacher les populations à leur tribu d’o­rigine, mais les empreintes de l’ancienne segmentation en une multitude de groupes sont encore visibles. L’oasis dans ce sens est une véritable mosaïque aussi bien eth­nique que linguistique dont il importe de tracer les contours.Les origines de la population de l’oasis du Drâa demeurent encore peu connues, à  l’image des sources historiques encore énigmatiques que représentent les tumuli de la nécropole de Foum Larjam et des nombreuses stations de gravures rupestres qui jalonnent l’oasis et les régions limitro­phes.


Les manuscrits hébreux du XIIème siècle qui sont les plus anciennes sources his­toriques connues, évoquent les oasis du Drâa et les régions voisines peuplées jusqu’au Vème siècle par les «Éthiopiens de l’Ouest» dénommés «Kouchites» qui seraient les aïeux des Noirs du Drâa. Ensuite, des Juifs, arrivés de l’Est auraient fondé un royaume puissant jusqu’à l’arrivée au XIème  siècle de la dynastie almoravide et à l’islamisation massive du Drâa.

Sous le règne de la dynastie almohade au XIIème  siècle, le Drâa retrouva une certaine autonomie avant d’être ravagé, sous le règne de la dynastie mérinide, par l’arrivée des tribus arabes Maâquil à partir de 1255.
Le Drâa, comme en témoignent les nombreuses zaouias, aurait largement participé au cours du XVème  siècle, aux mouvements maraboutiques et à la lutte contre les Portugais installés sur les côtes.

La région retrouve des heures glo­rieuses durant le XVIème siècle sous la dynas­tie saadienne dont le berceau se trouve a Tagmaddarte, entre Zagora et Tamegroute. Point de départ de la conquête du Soudan en 1690, elle devient, ensuite, une plaque tournante, départ et aboutissement des ca­ravanes du commerce transsaharien (or, esclaves,...). La décadence du pouvoir cen­tral saadien entraîna le déclin du com­merce caravanier.

Durant le XVIIème siècle, la dynastie alaouite réussit à faire reconnaître son autorité sur tout le Sud et particulièrement sur le Drâa. Ce dernier ne tarda pas à Echapper au contrôle du pouvoir central,  pour tomber sous celui des grandes confédérations de tribus nomades, lesquelles, durant la période allant du XVllème au XXème siècles, se disputèrent la domination des sédentaires à travers des alliances et des groupements politiques extrêmement complexes.

Il  est vraisemblable que, durant ces derniers siècles, on ait assisté à l’intégra­tion des anciens conquérants à la masse des sédentaires; le lien de parenté, fictif ou réel, entre les membres des tribus ou des fractions de tribus, fait place au lien de voisinage dans des groupements à base géographique les qsour.

Ces communautés, une fois constituées étaient exposées à la convoitise des groupes restés nomades. C’est pour cela que, progressivement, à partir de la fin du XVIIIème siècle, un système de protection fut mis en place, permettant à chaque qsar ou groupe de qsour de pactiser avec un groupe de nomades pour se protéger de la convoitise de tous les autresDans ce con­texte, quelques grandes tribus ou fractions de tribus se sont installées dans le Drâa ainsi,

les Aït Sedrate, protecteurs de la par­tie aval de Mezguita et de la partie amont de Tinzouline, et surtout les Aït Atta, confédé­ration qui protégeait la plus grande partie des autres palmeraies.
Dans les années 1930, l’installation de la colonisation française gela le processus de domination des sédentaires par les nomades ; l’oasis rentra alors dans une évolution marquée par l’intégration et la sédentarisation des nomades et par l’ef­fritement des structures héritées.
À partir des années 1930, la sécurité gagne la région. Les protecteurs n’ont plus de raison d’exister comme tels. Ils se voient peu à peu absorbés par la masse des séden­taires. Mais le prestige politique des pro­tecteurs de jadis s’est longuement main­tenu, tout comme s’est perpétué le prestige moral des «familles religieuses».
Aujourd’hui encore, il suffit d’observer de près la société du Drâa pour voir surgir aussitôt, au moins dans le discours, les expressions de ces prestiges, reflets de l’ancienne segmentation de la population en divers groupes hiérarchisés et stratifiés.
Quand certains de ces groupes étaient contraints à coexister dans l’es­pace rapproché dii qsar, celui-ci était organisé en plusieurs quartiers, abritant chacun des éléments unis par des liens de parenté, de consanguinité ou de même statut social.
Pour plus de compréhension, nous évoquerons ci-après les principaux groupes hiérarchisés et stratifiés, qui for­ment la société du Drâa.
La prééminence revient à ceux d’entre eux qui se prévalent de descendre du prophète, les Chorfa. Viennent ensuite les familles maraboutiques ou Mrabtine descendant des saints locaux.
Respectées pour leur prestige moral par les autres groupes, ces «familles religieuses» assuraient la fonction de médi­ation dans les conflits et litiges, sans renon­cer à la course au pouvoir politique, ni à la compétition pour les ressources.
Leur prestige moral leur facilitait l’ac­ces au pouvoir économique, comme en témoignent encore aujourd’hui les grandes propriétés foncières de certaines familles ou de certaines zaouias.
En second lieu viennent les anciens protecteurs. Ce groupe, Imazighen ou Hrar, comprend le plus souvent des nomades. La plupart sont aujourd’hui sédentarisés, généralement dans les régions qu’ils pro­tégeaient. Ainsi les Aarib et les Aït Atta dans les palmeraies de Ktaoua et de M’hamid les Roba, Oulad Yahia, Aït Atta dans les palmeraies de Fezouata, Ternata, Tinzouline; et l’on retrouve des Ait Seddrate dans la partie inférieure de Mezguita.
En troisième position, on trouve les Haratine, également appelés Draoua (sin­gulier Draoui). Ce nom, a une connotation géographique-Draoui habitant du Drâa­est employé localement parce qu’il n evoque pas de préjugés à l’inverse des mots Hartani OU Ahardan.
Les Haratine, originaires de la vallée ou importés du Soudan, représentent le vieux fond sédentaire. Longtemps au servicc des autres groupes, les Haratine forment encore aujourd’hui la majeure partie de la population déshéritée, contrainte au travail agricole ou à l’émigration.
Enfin, les Juifs occupaient la dernière position dans la hiérarchie sociale. Disparus actuellement de la vallée, notam­ment après leur émigration massive en Palestine dans les années 1950-1960, ils étaient également sous la protection des nomades. Ils constituaient une minorité religieuse, mais également une couche
sociale déprimée qui avait tendance à se spécialiser dans certaines activités comme le commerce et l’artisanat. Leur situation dans la hiérarchie sociale restait ambigu~, car ils étaient à la fois situés au bas de l’échelle, mais également mis à part et exclus de la hiérarchie traditionnelle.
Outre la règle d’endogamie, la stratifi­cation impliquait une véritable division du travail entre couches sociales: aux Haratine le travail de la terre et les activités arti­sanales, aux Imazighen l’élevage, activité considérée comme noble, ainsi que la poli­tique et la guerre, enfin aux Mrahtine l’ac­tivité religieuse, l’écriture, la diffusion de la loi coranique et la légitimation des déci­sions politiques.
Aujourd’hui, les institutions politiques s’efforcent de faire prévaloir le principe d’égalité entre tous ces éléments. Mais pra­tiquement cet ordre social continue à sur­vivre.
Cet aperçu historique laisse voir que le peuplement de l’oasis du Drâa résulte d’une occupation convergente, depuis des temps immémoriaux et jusqu’à une époque récente. l’arrivée des différents groupes humains, pacifiques ou conquérants, n’a pas entraîné la liquidation des groupes antérieurs. Le peuplement, si souvent renouvelé, s’accompagnait de phénomènes d’intégration où chaque groupe tentait de maintenir ses particularités et son identité, dans le cadre d’une unité de bon voisinage. Celui-ci perdure encore aujourd’hui à tra­vers les communautés d’habitat, les qsour et dans les communautés d’irrigation, les seguias.

 

 

       
     
       
 
 
Source des informations : guide du touriste ADEDRA - Zagora - Maroc
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